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HISTOIRE DE VULAINES  PAR SERGE CERUTI

VULAINES IL Y A DEUX SIECLES
 




   Trois points de repère

      le point JAUNE = la mairie actuelle inexistante bien sûr

     le point ORANGE = l’église qui existait au même
emplacement que l’actuelle

      le point étoilé rouge = le château des Brulys qui n’existait pas

Voici le plan du village en 1787  

L’axe Ouest Est correspond aux rues Jame et Riché 

Les couleurs sont d’origine sauf certaines surcharges

                gris vert = prés et jardins

                vert foncé = bois et parc boisé

                orangé = vigne

                gris rosé = labours

                bleu = pièces d’eau

                rouge foncé = les maisons  

Les surcharges correspondent aux bâtiments de la seigneurie

                   rouge vif = le château

                   vert vif = les communs

                   bleu vif = la ferme du domaine

Il y a 200 ans Vulaines était un petit village de 150 habitants  et 57 bâtiments d’habitation ou d’exploitation. Tous les bâtiments sont visibles sur l’image sauf l’auberge de «Cayenne» qui était au bord de la Seine. Ils formaient un petit hameau vers les sablons (actuellement rue de la République) et s’étiraient près de l’église. Cette dernière était entourée par le cimetière, le curé, Nicolas Augé, habitait dans la maison juste au sud (elle existe toujours au 16 rue Jame mais a été agrandie). Ces maisons et leurs jardins occupaient 11 ha 38 dont près de 2 ha  pour le château, ses communs et son parc.

La seigneurie de Vulaines était détachée de la baronnie d’Héricy depuis 1716, elle consistait d’une part en la propriété d’un château et d’un domaine d’autre part en la propriété de « droits » dits seigneuriaux : quelques taxes sur les vendanges, le four et sur les successions, le produit des amendes prononcées par le juge seigneurial… 

Les Vulaignots étaient surtout vignerons, propriétaires de tout petites parcelles situées sur le coteau regardant la Seine. Ils faisaient un petit vin clairet qu’il fallait boire vite avant qu’il ne se gâte. Les terres de labour appartenaient à de plus gros paysans mais seuls deux propriétaires possédaient plus de 10 ha le sieur Bourdin avec 113 ha (sa ferme est juste à l’est de l’église) et le seigneur de Vulaines avec 93.

Le « domaine » seigneurial représentait ¼ des terres de labour, 30% des prés, la totalité des bois mais seulement 2,5% des vignes. Champs et prés étaient exploités directement par une grande ferme située au coin de la route de Machault (carré bleu vif sur le plan), le fermier en était en 1789 François Ménage.

Le seigneur Saint-Louis Guindant était « docteur régent des facultés de médecine de Paris et de Montpellier, membre de la Société royale des sciences de Montpellier, membre du colège de médecine et des sociétés royales de phisique et d’agriculture d’Orléans, censeur royal » mais tous ces titres ne le rendaient pas riche puisqu’il avait dû emprunter en 1782 plus de la moitié du prix de la seigneurie. C’est sans doute lui qui créa le parc y plantant des chênes dont trois sont toujours debout. Le 3 janvier 1786, à 43 ans, il épousa Amable Louise Desprez, fille mineure d’un avocat au Parlement qui lui apportait une grosse dot. Ils eurent une fille, Pulchérie, mais le 31 mai 1789 le docteur mourut subitement à Vulaines et y fut enterré sans la présence d’aucun membre de la famille. Ce fut le dernier seigneur du village puisque le 4 août suivant les droits seigneuriaux et les titres étaient supprimés.

La fin du domaine. La veuve Guidant semble s’installer à Vulaines dès 1791 mais en mai 1795 elle vend son château (avec parc, jardins et vergers) à «la citoyenne Delaisement divorcée du citoyen Harel ». gardant les terres et une maison. Le château connaîtra désormais une histoire indépendante. On ignore quand la veuve Guindant disparaît mais en novembre 1812 les terres sont vendues par sa fille, Pulchérie Guindant et son mari, à un marchand de biens. Il organise aussitôt la vente aux enchères des parcelles pendant trois dimanches de suite chez Maître Chevrier à Héricy. Le premier lot est la grande ferme qui, achetée par un bourgeois de Fontainebleau, est vite  détruite puisqu’il n’y a plus de terres à mettre en fermage.

Ainsi disparaissent définitivement seigneurie, domaine et ferme. Quand à la propriété de monsieur Bourdin, elle passe à un Inspecteur des domaines, Nicolas Ledure, qui très fier de ses propriétés, en fait graver le plan complet et deviendra le seul notable du village, et seul électeur censitaire après 1815.

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